Ceri-Louise Frid

 

"De la remise des diplômes"

           

Récemment, je me suis demandé ce qui arriverait après que j’aurai obtenu mon diplôme universitaire.  Depuis quatre ans, j’habite à Wilmington avec mes amis, et ma vie est stable.  Mais, maintenant, je fais face aux changements énormes.  Quand une étudiante se prépare à obtenir son diplôme, elle éprouve beaucoup d’émotions.  Je connais ces émotions maintenant.  Je suis excitée.  Je suis triste.  J’ai peur.  Je prévois ardemment ce que le futur tient.  Personne ne sait le futur, nous pouvons espérer, mais nous ne pouvons pas savoir.

 

The past and the present are within the field of my inquiry, but what a man may do in the future is a hard question to answer

Arthur Conan Doyle

 

Après quatre ans de travail dur, une étudiante est enthousiasmée que son travail de l’université soit complet.  J’en suis ravie parce que j’ai réussi et parce que je ne dois plus écrire de compositions—pour l’instant, au moins.  L’allégresse du succès vaut la peine du travail dur.  Le soulagement de savoir que les examens, les projets, les compositions, les exposés, la pression, les nuits blanches aboutissaient à une fin est comme un rêve.  Une fois, j’avais un rêve que je m’enfuyais d’un lama, mais ce n’est pas le type de rêve auquel je me réfère.  Je me réfère à un rêve métaphorique, un but.  Dans ce rêve métaphorique, les professeurs méchants, les membres paresseux des groupes, et les mauvaises notes disparaissent.  Aussi, la pensée de n’avoir aucun travail scolaire à faire à la maison est comme un rêve.  Encore, pas le rêve du lama.  Dans ce rêve, quand j’ai une longue journée et je ne veux pas faire mes devoirs, il n'est pas nécessaire que je les fasse.  Quelquefois, tout ce que je veux faire, c’est me reposer et regarder un film.  L’excitation de la remise des diplômes vit en toutes ces idées.

Quelque surexcitée qu’une etudiante soit, elle est également triste.  Quand une étudiante est à l’université et elle partage une maison avec des colocataires, ses amis deviennent des membres de sa famille.  Après la remise des diplômes, elle devra leur dire au revoir.  La même jeune femme est ma colocataire depuis quatre ans et maintenant je la quitte.  Ma colocataire est ma meilleure amie, ma confidante, et un membre de ma famille.  En fait, tous mes amis faisaient partie de ma famille, pas simplement ma colocataire.  Quand j’ai un problème, je consulte mes amis.  Nous rions ensemble.  Nous pleurons ensemble.  Nous nous aimons.  Nous nous détestons.  Parfois, nous passons des nuits terribles ensemble.  Mais parfois nous regardons fixement le plafond ensemble et c'est le meilleur moment du monde.

 

Here’s to the nights I thought I’d never miss

                                    Weekend Excursion

 

Les amis sont de l’or.  Ils se soutiennent pendant un changement énorme dans leur vie, mais je dois faire le prochain changement toute seule.  Un sentiment est certain parmi de vrais amis cependant: ils partagent ma joie.

            Malheureusement, la peur “du vrai monde” peut éclipser sa joie.  Une étudiante ne sait pas ce qui l’attend.  La sécurité protège une étudiante de la réalité de la foire d’empoigne.  Je peux vous dire, d’après une éxperience personelle, que les rats sont de petites créatures tout à fait méchantes.  Ils mordent et ils griffent, et je ne me sens pas prêtes à braver ces rats toute seule.  En dépit du fait que l’étudiante a la connaissance, elle n’est pas encore sûre comment l’appliquer.  Les rats pourraient me dévorer. 

 

The race is not to the swift, nor the battle to the strong

Ecclesiastes ch. IX, v. 11

 

Sans mes amis, je dois apprendre à faire face aux défis parce que je ne veux pas perdre le sentiment du succès–j’ai peur de l’échec.  L’échec est le prix de consolation de la vie.  Si on ne réalise rien, au moins on réalise l’échec.  Pour moi, l’échec est le monstre dans mon armoire tout grand.  Je ne l’ai pas encore vu, mais j’en suis terrifiée.

            Avec la crainte vient l’anticipation.  Surtout, je prévois ce que le futur tient.  Une étudiante a beaucoup à considérer.  Où ira-t-elle?  Je veux voyager partout dans le monde.  Je veux marcher sur la grande muraille de Chine, voir les pyramides égyptiennes, et sentir le sel de la mer Morte.  Que fera-t-elle?  Je veux toucher l’âme de quelqu’un.  Je veux rendre quelqu’un fou.  Je veux monter sur un chameau (la sorte avec deux bosses).  Je veux faire une différence dans le monde.  Qui sera-t-elle?  Je veux être mon propre héros et l’inspiration de quelqu’un d’autre.  Mais, je veux aussi être humble.

 

I have never accepted what many people have kindly said,

namely that I have inspired the nation.  It was the nation and the race

dwelling all over the globe that had the lion heart.  I had the luck to give the roar

Winston Churchill

 

Je ne veux jamais perdre l’espoir.  L’espoir est le feu du fidèle.  Je serai toujours fidèle à mes rêves.  Cependant, je refuse d’être naïve.  Je sais que je ne suis pas un Winston Churchill et je sais que la vie n’est pas faite simplement de huit heures de sommeil et d’un petit déjeuner chaleureux le matin.  Mais, je sais aussi que la remise de mon diplôme n’est pas une fin, c’est un commencement.  Mon futur apportera des erreurs, et de la douleur, et du chagrin, et de l’amour, et des épreuves, et du succès, et des leçons, et de l’inutilité et tellement plus que je ne sais pas encore.  Et aucune de ces possibilités ne sera comme une merveille dans le monde, mais l’avenir sera entièrement le mien.  Entièrement le mien. 

            Pour maintenant, j’ai la cérémonie de la remise des diplômes.  Elle invoque plusieurs émotions.  L’événement est un point culminant des rêves et des aspirations de ma vie.  C’est une pierre de la progression à mon futur.  A partir d’ici, je peux aller n’importe où,

 

I find that the great thing in this world is not so much where we stand as

in what direction we are moving: To reach the port of heaven, we must

sail sometimes with the wind and sometimes against it---but we must sail, and not drift, nor lie at anchor

Oliver Wendell Holmes, Sr.

 

Peut-être est-ce le sentiment le plus significatif dans ce désordre émotif de la peur.  La peur engendre l’éxcitation et l’anticipation.  Sans la peur, il n’y aurait aucune joie de soulagement.  Je pense que si on ne craint rien, on n’aime rien.  La peur peut ruiner, mais elle peut aussi déclencher des miracles.

 

…[la peur] nous donne des ailes aux talons

Michel de Montaigne

 

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